CGGG. Atheism and the Meaning of Life / L’athéisme et le sens de la vie

8 avril 2026 14:00 / 10 avril 2026 17:00

Faculté ALLSH_Campus Schuman_Bâtiment Multimédia_Salle colloque 2

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L’un des traits caractéristiques majeurs de la tradition de la pensée occidentale est l’enracinement de ses structures fondamentales de significativité dans la transcendance, comme l’a montré notamment Hans Blumenberg. Depuis l’établissement du christianisme, cette significativité est garantie par un Dieu transcendant. Cette dépendance radicale de la transcendance comme ressource ultime du sens devient particulièrement évidente avec l’avènement de la modernité qui provoque la fragilisation de la foi chrétienne et l’érosion de l’ordo médiéval. A mesure que la métaphysique de l’ordo s’érode, prennent place la prise de conscience croissante de l’autonomie humaine et la reconnaissance de la agency humaine. Ces bouleversements sont lourds de conséquences. Le célèbre aphorisme de Nietzsche déclarant la mort de Dieu illustre avec la plus grande acuité le défi posé par cette révolution de paradigme. Nous nous trouvons, comme le formule Jean-François Mattéi, face à une « crise du sens », la notion de sens étant à comprendre ici dans sa double acception de signification et d’orientation. Toute la structure métaphysique de la tradition platonico-chrétienne s’effondre et l’humanité (occidentale) se voit face au besoin urgent de trouver de nouvelles ressources de génération de sens. Or, les crises à répétition qui caractérisent l’histoire de la modernité, et tout particulièrement la propagation du nihilisme à la fin du XIXe siècle et des idéologies nihilistes du XXe siècle illustrent avec insistance que le monde occidental a le plus grand mal à relever ce défi. Alors que Nietzsche postulait de devenir nous-mêmes les créateurs de nouvelles valeurs et que Søren Kierkegaard a tenté de répondre à la perte de l’assurance métaphysique en posant Dieu comme une vérité subjective, Martin Heidegger a tenté de retrouver l’« entièreté » perdue du Dasein, et donc un sens authentique de la vie à partir de l’anticipation de notre propre mort. Or, c’est peut-être – et paradoxalement – le Mythe de Sisyphe d’Albert Camus qui rappelle de la manière la plus éloquente la dette de la modernité envers la tradition métaphysique quant aux ressources de sens : la révolte revendiquée par Camus comme l’attitude à adopter face à l’absurde ne peut se comprendre qu’avec comme toile de fond ce qui a été perdu, et elle culmine dans l’affirmation que la vie est d’autant mieux vécue qu’elle n’a pas de sens. Contrairement à la tradition continentale, la philosophie analytique a longtemps négligé les questions relatives au sens de la vie. Cela a commencé à changer depuis le tournant du millénaire qui a vu émerger un niveau discours, en réexaminant ces question philosophiques « classiques » dans le contexte d’un monde pluraliste et post-séculier. Le colloque « L’athéisme et le sens de la vie » vise à explorer les réponses données aux défis posés par le contexte « post-métaphysique » du monde contemporain et à discuter de nouvelles perspectives de sens.

Cette manifestation sera organisée autour de quatre conférences plénières données par des chercheurs nationaux et internationaux de référence. Ainsi, la conférence inaugurale sera donnée par François Jullien, (professeur émérite de l’université Paris-Diderot et directeur scientifique de l’association Dé-coïncidences), spécialiste de référence de la pense philosophique chinoise et de la philosophie interculturelle. Nous avons également pu obtenir la confirmation de trois autres éminents conférenciers invités qui renforceront la dimension international, à savoir Fiona Ellis (Professeur des universités en philosophie, University of Nottingham), Philip Kitcher (John Dewey Professor of Philosophy Emeritus, Columbia University) et Thaddeus Metz (Professeur des universités en philosophie, University of Pretoria).

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