Lancé au printemps 2024, l’appel à manifestation d’intérêt « Programmes de Recherche en Sciences Humaines et Sociales » de France 2030 (Ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et le Secrétariat général pour l’investissement) a pour ambition de faire émerger des pôles de recherche et d’expertise à même de structurer les Sciences humaines et sociales (SHS) en France et de répondre aux grands défis sociétaux contemporains. L’enjeu est de rapprocher l’excellence scientifique en sciences humaines et sociales des acteurs institutionnels, socio-économiques et plus largement des citoyens.
Figurant parmi les 6 lauréats de ce dispositif, le programme interdisciplinaire « Religions et sociétés face aux défis contemporains » (ReligiS), porté par l’Université de Strasbourg, a obtenu un financement de 9 000 000 € sur une période de six ans (2025-2031).
Il comprend une douzaine de partenaires, dont amU, et a pour point de départ la transformation des interactions entre faits religieux et sociétés dans le monde contemporain. Son objectif principal est de proposer une analyse multidimensionnelle de certains des processus actuels observés en France, en les replaçant dans un contexte global et de long terme. Son ambition est d’utiliser la production et la large diffusion de connaissances scientifiques pour contribuer à surmonter les tensions et les défis sociaux et politiques qui se nouent aujourd’hui autour des religions, qu’il s’agisse des religions établies (comme le judaïsme, le christianisme, l’islam, le bouddhisme ou l’hindouisme) ou des nouveaux mouvements religieux et spirituels.
Ces dernières années, les questions religieuses ont souvent fait l’objet d’événements dramatiques en France et dans le reste du monde. La question des religions, de leur visibilité et de leur coexistence dans l’espace public, est entrée avec fracas dans le débat politique, où elle est devenue à la fois omniprésente et plus problématique que jamais, en raison de l’extrême complexité et de la diversité de ses manifestations contemporaines.
De nombreuses questions ont été soulevées dans le débat public, telles que les racines du fondamentalisme et de la radicalisation, l’impact géopolitique des religions, la visibilité des symboles religieux dans la sphère publique, les discours critiques sur les religions, les modèles de laïcité, les nouvelles pratiques de gestion du pluralisme et de la diversité, les formes changeantes des relations individuelles avec le sacré, les impacts économiques et sanitaires des croyances et pratiques religieuses, les préoccupations relatives à l’enseignement public des faits religieux et l’éducation dans le contexte de la laïcité française. Ces évolutions posent de nouvelles questions aux institutions (État, collectivités locales, hôpitaux, écoles, justice et prisons, entreprises), qui semblent parfois désemparées face aux formes contemporaines que prennent les demandes religieuses.
Malgré la diversité des héritages historiques et des contextes nationaux, ces changements touchent autant nos voisins européens que le reste du monde : partout la question de la place de la religion dans l’espace public se pose avec acuité. Pour répondre à ce défi, l’objectif de ce programme est de promouvoir, dans le contexte français et européen, une connaissance critique, objective et méthodique et des outils d’analyse appropriés pour comprendre les faits religieux dans la grande diversité de leurs formes contemporaines. L’absence de ces connaissances, tant dans la société civile française que dans les institutions publiques, a été maintes fois déplorée, mais aucune réponse à la hauteur des besoins et des enjeux n’a été apportée jusqu’à présent.
Unités de la Maison de la recherche membres de ReligiS: LERMA, CIELAM, CAER, CGGG, IrAsia et LPS.

