CIELAM. Soutenance* de la thèse de Viktoriia Kokonova

13 mars 2026 14:00 / 18:00

(*) sous réserve d’autorisation de soutenance

Titre : Représenter le Brésil au XVIIe siècle : naissance complexe d’une identité nationale dans l’imaginaire européen

Jury :
Sylvie REQUEMORA, Professeure des universités, Aix Marseille Université, Directrice de thèse
Marta TEIXEIRA ANACLETO, Professeure des universités, Université de Coimbra, Co-directrice de thèse
Anne-Gaëlle WEBER, Professeure des universités, Université d’Artois, Présidente du jury, Examinatrice
Jean-Claude LABORIE, Maître de conférences, Université Paris Nanterre, Examinateur
Christina KULLBERG, Full professor, Université de Uppsala, Rapporteuse
Pedro SERRA, Professeur des universités, Université de Salamanque, Rapporteur

Résumé de la thèse :
Dès la découverte du Brésil par Pedro Álvares Cabral en 1500, ce territoire a été un objet de dispute politique et économique entre plusieurs nations. Au XVIIème siècle le droit de l’Union Ibérique de coloniser cet immense territoire est mis en cause par la France et les Provinces Unies.
À cette époque, le Brésil, surtout le Nord-Est (les actuels états de Maranhão, Ceará ou Pernambouc), est encore une région à explorer et à conquérir. Ce projet de conquête se faisait aussi par l’écriture. Les récits de voyage, les mémoires ou encore les lettres de missionnaires sont autant de tentatives visant à faire découvrir ce monde, aussi nouveau qu’étrange, aux lecteurs curieux.
On constate néanmoins une absence significative d’image du Nord du Brésil à l’Âge classique, bien que les diplomates, les religieux et les militaires s’y rendent souvent et décrivent la région et ses habitants. En partie, on peut l’expliquer par des faits historiques. Puisque le territoire appartenait aux divers empires européens, on peut supposer que les Européens, dans leur imagination, ne distinguent pas le Brésil des métropoles.
Il est probable que ces textes, surtout les relations de voyage et relations des missionnaires, même s’ils ne sont pas pensés et rédigés comme des textes littéraires, s’inscrivent tout de même dans le genre viatique, un genre qui oscille souvent entre la fiction et réalité. Dans cette optique, on pourrait parler d’un « texte brésilien » caractérisé par ses propres motifs et topoi, d’un « discours de l’ordre », si l’on reprend le terme de Friedrich Wolfzettel, propre aux descriptions du Brésil.
Le croisement des points de vue des voyageurs, missionnaires et observateurs portugais, espagnols, français et hollandais aidera à établir si l’entité territoriale « Brésil » existe au XVIIème siècle, si les Brésiliens affirment et manifestent son altérité par rapport aux métropoles. De ce point de vue, il nous semble pertinent de reprendre l’axe de recherche de Claudio Guillén qui invite à étudier les littératures nationales « émergentes » comme résultat de l’interaction des diverses langues, cultures et idées sociales et philosophiques.
Paradoxalement, la prise de connaissance de cette terre américaine et des mœurs de ses habitants invite des écrivains et hommes intellectuels de l’époque à mettre en question les principes et les idéaux de la civilisation européenne, en comparant l’organisation sociale des dit « Sauvages », leur égalité et leur tolérance par rapport à la polygamie avec les mœurs européennes. À travers l’analyse de ces textes on s’interroge aussi sur la place qu’occupe le Brésil au sein de la civilisation européenne et dans l’histoire universelle.

Lieu : Aix Marseille Université – Campus Schuman – Bâtiment Multimédia – Salle de colloque 1 – 29, chemin du Moulin de Testa – 13090 Aix en Provence

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