Effets réels. Festival international de littérature et théâtre. Projet transversal. Festival

Financement : Interdisciplinaires SFR
Date de début : 11 avril 2026
Date de fin : 12 avril 2026

Porteur.e.s du projet

Claudio Milanesi, PR (Centre aixois d’études romanes, CAER, UR 854, Aix Marseille Université)
Ikram Chilah-Jidan , MCF (Centre aixois d’études romanes, CAER, UR 854, Aix Marseille Université)
Federica Gianni, docteure (Département d’études italiennes, Aix Marseille Université)
Boris Le Roy, MCF (Centre Interdisciplinaire d’Étude des Littératures d’Aix-Marseille, CIELAM, UR 4235, Aix Marseille Université)

Budget

28.500 euros

Originaire des États-Unis, le terme non fiction était à l’origine utilisé pour classer tout ce que l’on trouvait dans les librairies et qui n’était pas un roman. Aujourd’hui, il désigne toute forme de narration qui ne recourt pas à la « fiction », dès lors que cette « narration » peut être considérée comme de la littérature.

Par sa capacité à rendre compte d’une réalité sociale et politique de plus en plus insaisissable et difficilement lisible, la non fiction, d’abord limitée et marginale, s’impose aujourd’hui comme un mode de narration qui utilisant les structures du roman, du film, de la pièce de théâtre, de roman graphique, rapporte au mieux des faits qui se sont réellement produits. La non fiction représente une réponse, une sorte d’antidote, aux fake news et à la théorie des alternative facts. Tout ouvrage de non fiction se fonde sur un apriori qui fait contraste à cette tendance : les faits existent, il est possible de les connaître, et de faire la différence entre ce qui a eu lieux et une simple invention. Tout auteur de non fiction se propose d’en faire la démonstration.

C’est par la non fiction que des pans entiers de l’histoire se sont conservés et ont structuré la conscience des peuples et des communautés qui ont été les victimes des conflits. Ce sont les écritures de la mémoire et la littérature concentrationnaire qui ont permis de sauvegarder la mémoire de la Shoa malgré la volonté de l’effacer et d’en nier la réalité. Ce sont les témoignages qui ont permis de conserver la mémoire des peuples latino-américains investis par le processus colonial et par les dictatures du XXe siècle.

Et cette littérature du réel n’est pas constituée que par les ouvrages de mémoire et de post mémoire, elle couvre aussi le fait divers révélateur, l’écriture de l’autre, de l’ailleurs et du voyage, ainsi que l’écriture des vies, la biographie et l’autobiographie.

La non fiction a élargi le territoire de ses récits et sa pénétration territoriale : née entre l’Amérique du Nord et du Sud, elle est désormais un phénomène globalisé. Son rayonnement témoigne de son importance croissante dans le paysage littéraire contemporain. De nombreux écrivains parmi les plus influents de notre temps s’inscrivent pleinement dans ce champ narratif.

Parmi eux, il suffira d’évoquer Annie Ernaux et Svetlana Alexievitch, toutes deux couronnées par le prix Nobel, Cristina Rivera Garza, distinguée par le prix Pulitzer, ainsi que Javier Cercas, Roberto Saviano et Emmanuel Carrère — des auteurs européens qui ont su transformer le réel en grande littérature.

Le Festival Effets réels se propose de réunir et faire interagir un certain nombre d’acteurs de ce mouvement. Effets réels est une manifestation à vocation internationale, réunissant des auteur·ices principalement italien·nes, français·es, espagnol·es — en particulier catalan·es —, et ukrainien·nes. Le choix de ces régions s’inscrit dans une volonté d’instaurer un dialogue entre des sensibilités littéraires et des contextes culturels complémentaires, au cœur d’une Europe marquée par des mutations sociales et géopolitiques profondes.