20 février 2026 – 14:00 / 17:00
Campus Schuman – Le Cube – Salle 201
L’exposé présente deux types distincts de logique, tels qu’ils se manifestent dans la tragédie grecque et la psychanalyse. Bien que le concept de traumatisme chez Freud implique une suspension de la subjectivité (le traumatisme étant toujours une « rencontre manquée », selon des chercheurs contemporains), il demeure néanmoins inscrit dans l’horizon plus large de la psychologie humaine (individuelle). À l’inverse, la tragédie grecque — surtout à la lumière de lectures non orthodoxes, telles que celle entreprise par Friedrich Hölderlin —
renvoie à la dimension de la physis, où la psychologie est remplacée par une vision du monde purement physique, « inhumaine ». Ce monde est composé d’un jeu de f orces et requiert une interprétation ainsi qu’un langage qui lui soient propres. La logique de la tragédie, à la limite de la pensée magique, peut offrir un outil précieux pour analyser la réalité en mutation rapide de notre monde contemporain, qui met à l’épreuve la pensée rationnelle.
Helen Petrovsky est membre de l’Institut de philosophie de l’Académie des sciences de Russie. Elle est actuellement rattachée à l’Université Sorbonne Nouvelle dans le cadre du programme PAUSE. Ses principaux domaines de recherche sont la philosophie
contemporaine, l’esthétique, ainsi que les études visuelles. Son ouvrage le plus récent est Perturbation du signe : la culture contre la transcendance, Moscou, 2019, 2022. Elle est également rédactrice en chef de la revue théorique et philosophique Sinii divan, Moscou.

